Gestion

Quelles sont les étapes indispensables pour se lancer à son compte ?

Post by
Jean-Michel
Si le domaine de la santé fonctionne déjà depuis longtemps sur le principe de la profession libérale, les métiers du sport ou du bien-être sont particulièrement attirés par le statut d’indépendant. Et être à son compte n’a jamais été aussi simple que sur ces quelques dernières années ! L’Etat a en effet déployé une batterie de dispositifs (aide financières via le pôle emploi tels ARE ou ARCE, à l’investissement via BPI France, ou les statuts de micro-entreprise, EIRL, EURL, SASU) permettant à chacun de créer son entreprise et de proposer sa propre valeur ajoutée sur le marché.

Alors, comment se lancer comme indépendant en 2021 ?


Entreprendre dans les métiers du sport ou du bien-être

Définir ses objectifs financiers un préalable indispensable


Dans un premier temps, il est primordial de déterminer, point par point ses attentes.

Ainsi, sur le plan financier, vous devrez identifier vos besoins minimum (salaire net mensuel) à court terme, et vos ambitions à moyen/long terme.


Un calcul rapide :

Multipliez par deux votre besoin en salaire net pour connaître votre dépense totale maximale (chargée des cotisations sociales salariales et patronales). Celle-ci va bien entendu varier en fonction du statut choisi sachant qu’ au minimum, elles seront de 22%.


Vous devrez également isoler la part de capital que vous pouvez « consacrer » à la création de votre entreprise. Autrement dit, si vous vous lancez dans la création de votre entreprise, et pour parer à toute éventualité, veillez à disposer d’un capital vous permettant de tenir sans rémunération pendant un temps à déterminer, et déterminez le minimum vital : vous aurez peut-être à tenir de longs mois avant d’atteindre vos objectifs.


Trouver un équilibre professionnel / personnel

Sur un plan personnel, il est important de définir le temps que vous allez consacrer à votre projet : être en accord avec son partage de temps vie privée / professionnelle est un facteur de réussite. Créer son entreprise, construire une clientèle, sa structure, ses supports ou programmes...vous imposera probablement de sacrifier quelques soirées, week-end et même vacances. Il faut donc être prêt à faire cet effort pour lancer votre entreprise.


Si vous  acceptez intégralement les conditions précitées,  vous êtes sur la bonne voie pour créer votre entreprise. Si ce n’est pas le cas, cela ne veut pas dire que vous n’y viendrez jamais mais tout simplement que vous n'êtes pas encore prêt à franchir le pas.  

Mais avant de vous engager à corps perdu, prenez le temps pour étudier votre marché, et comment vous comptez y entrer.

Quelles sont les étapes indispensables pour créer son entreprise ?

Réaliser une  étude de marché lorsqu’on s’installe en indépendant

C’est une étape cruciale, celle qui va vous donner le maximum d’informations sur le secteur d’activité que vous ciblez, l’environnement concurrentiel (offre) et la taille et la qualité du marché (demande).

Il serait par exemple très compliqué de s’implanter dans une zone géographique sur laquelle 3 autres professionnels proposent les mêmes services ! Même à l’heure de la digitalisation vous aurez toujours besoin de développer un ancrage territorial fort.

Il s’agit donc avant tout de  répondre à la question « quelle est mon offre de service/produit, quel(s) problème(s) résout-elle ? » et de réaliser un SWOT complet :

SWOT


Vos forces (S) ou faiblesses (W) permettent une analyse interne de votre future entreprise . Pensez à votre valeur ajoutée, vos diplômes, vos ressources (humaines, financières..), votre innovation, votre zone de chalandise, vos fournisseurs, votre réseau…

Vos Opportunités (O) ou Menaces (T) s’attachent en revanche à analyse de l’environnement extérieur  :

  • La réglementation en vigueur (loi, fiscalité, social, exceptions…), pour cela, faites des recherches, échangez avec un/votre expert-comptable
  • L'évolution de la demande (perspectives, saisonnalité, taille, zone géographique, habitudes de consommation, âge de la population, mode) : vous trouverez une mine d’informations sur internet, que vous pourrez ensuite affiner (prix, produits, habitudes…) en réalisant un questionnaire ou des interviews auprès de vos cibles potentielles.
  • La qualité de l’offre (produits existants, alternatives/substituts) et l’analyse de concurrence (taille, chiffre d’affaires, implantation, organisation, clientèle, politique commerciale…). Certaines réponses seront fournies par les personnes que vous aurez interrogées ; les autres vous imposeront de nouvelles recherches, voire de tester la concurrence pour en savoir plus!

Au-delà de ces études formelles et très traditionnelles, qui sont indispensables, n’oubliez pas que le contexte sanitaire de 2020 a remis en question beaucoup de nos certitudes en matière de prédiction de l’avenir.

Apprenez-donc à évoluer dans un monde V.U.C.A. (Volatile, Incertain, Complexe, Ambigu)   : utilisez vos qualités  faites confiance à votre créativité, votre résilience, votre persévérance (…) et soyez agile, toujours en mouvement et à la recherche de nouvelles opportunités !

Dès lors, vous êtes paré à la réussite, il ne reste que quelques détails à régler, dont le très célèbre « BP ».

Monter un  Business Plan cohérent

Le Business plan est composé de votre étude de marché, et d’une projection financière de votre activité (entre 18 et 36 mois). Il a pour objectif principal de vous aider à convaincre une banque, ou un investisseur, de vous prêter/investir les fonds nécessaires à la mise en route de votre entreprise.. mais aussi de garder le cap sur vos objectifs de vie !


Il comprend :

  • Un executive summary (résumé en une à deux pages du document complet),
  • Votre étude de marché, et vos perspectives de chiffre d’affaires,
  • Une description de vos ressources et de votre valeur ajoutée. Si vous comptez engager du capital personnel dans votre entreprise, mentionnez-le. Plus votre investissement personnel est élevé, plus un banquier (ou un investisseur) sera facile à convaincre,
  • La présentation des coûts fixes (loyers, abonnements…) et variables (liés directement au chiffre d’affaires (matière première, marchandise, temps…),
  • Le besoin en financement envisagé (montant, durée…),
  • Enfin, un peu de comptabilité avec un compte de résultat prévisionnel (coûts et revenus mensuels sur la période décidée), un bilan prévisionnel (ouverture et clôture) et un tableau de trésorerie mensualisé, faisant état des entrées et sorties, et mettant en évidence vos besoins. Ces documents doivent montrer, sous forme graphique par exemple, les perspectives de gain.

Si vous avez correctement réalisé les 3 étapes précédentes, il ne vous reste plus qu’à créer votre entreprise.

Quel statut juridique choisir en fonction de son activité ?

En fonction des conclusions à tous les éléments recueillis dans les trois étapes précédentes, vous allez opter pour un choix de structure adaptée : auto-entreprise, entreprise individuelle, EIRL, EURL ou SASU !

Chacune de ces structures répond à des règles strictes de fonctionnement, que vous pouvez retrouver dans le tableau ci-dessous. Voici, au préalable quelques conseils :

La micro-entreprise et le B2B :

En fonction du type de client que vos produits ou services adressent, certaines structures sont plus adaptées que d’autres.

En effet, si vos clients sont plutôt des entreprises (B2B), évitez la micro-entreprise :

  • D’une part, cette structure dispose d’une franchise en base de TVA. Hors, certaines entreprises espèrent collecter de la TVA pour amortir les impacts du paiement de la TVA dans leur trésorerie. Dans le B2C, les clients seront ravis de ne pas avoir de TVA à payer (ne vous réjouissez pas trop vite, il y a un plafond annuel à ce dispositif ; 85 800€ pour des activités de vente, 34 400€ pour des prestations de service).
  • Et d’autre part car ce statut impose à vos clients un suivi plus strict de vos activités (devoir de vigilance URSSAF, suivi du montant total de facturation en franchise de TVA, part du client dans votre portefeuille de chiffre d’affaires), avec des risques sociaux et fiscaux.

En outre, ce statut ne permet pas de faire de “frais professionnels” c'est-à -dire d’acheter du matériel, de passer vos repas, votre abonnement téléphonique via votre entreprise.


En revanche, les charges sociales sont moindres (22% maximum), vous n’avez aucune obligation de prendre une expert comptable (un logiciel de facturation est en revanche demandé en cas de contrôle), ni d’ouvrir un compte “professionnel” en banque (un deuxième compte courant dédié suffit).



Quelle taille minimum de capital pour créer une entreprise  ?

Pas besoin de capital initial pour une micro entreprise !

On peut créer une EURL/SASU avec 1 euro. Il est toutefois conseillé de constituer un capital plus significatif car :

-    Le capital que vous mettez dans votre entreprise est synonyme de la confiance que vous avez en la réussite de votre projet. Il apporte ainsi une certaine garantie à vos investisseurs et, dans une activité en B2B, aux partenaires,

-      Un apport minimum en capital social est souvent exigé par la banque pour obtenir un crédit;

-    Les apports au capital peuvent permettre aux investisseurs de bénéficier d’une réduction d’impôts sur le revenu égale à 18% du montant des apports effectués.

Choisir entre le SSI ou le Régime général

Le SSI (sécurité sociale des indépendants) est associé au statut social de Travailleur Non Salarié (TNS) du dirigeant.

Les Assimilés Salariés sont affiliés au Régime Général de la Sécurité Sociale. Ce statut social est déterminé par la forme juridique de l’entreprise et le fait que le dirigeant soit ou non majoritaire dans son capital.


La couverture sociale est bien meilleure dans le Régime Général, mais elle est également nettement plus coûteuse (65% contre 42% pour le SSI). En contractant une couverture complémentaire, le SSI peut être comparable en termes de qualité et toujours plus abordable financièrement.

Et quoi de plus parlant qu’un tableau rassemblant toutes les informations essentielles ? Faites votre choix !

Pour le télécharger, c'est par ici :



Petit point sur les aides à la création ou la reprise d’entreprise



L'ACRE (anciennement ACCRE) :

Il s’agit une exonération totale ou partielle de cotisations sociales pour les créateurs ou repreneurs d'entreprise, principalement pour les micro-entrepreneurs.

L’ARE :

Si vous êtes demandeur d’emploi, vous pouvez bénéficier très facilement du maintien intégral de l’Aide au Retour à l’Emploi dans les structures de type EURL et SASU. Ce dispositif vous donne le temps de démarrer votre société et de créer votre fonds de commerce, votre clientèle, sans avoir à toucher votre capital personnel puisque vos indemnités chômage sont versées tous les mois. Dès que vous commencez à vous rémunérer, vous pouvez continuer à bénéficier de l’ARE qui peut compléter votre rémunération (dans la limite du calcul des indemnités), et ce jusqu’à épuisement de vos droits.

L’ARCE :

L’Aide à la Reprise et à la Création d’Entreprise, c’est le versement, sous forme de capital, de 45% de votre indemnisation totale restante en deux fois : une partie au moment de la création de votre entreprise et l’autre partie six mois plus tard. Les 55% des cotisations qui n’ont pas été perçues peuvent être récupérées sous conditions lors de la cessation d’activité. L’ARCE est donc plutôt intéressant si vous avez besoin de fonds au démarrage de votre entreprise (investissements à réaliser) ET un fonds de commerce déjà établi ou rapide à établir ; il est également plus facile à justifier que l’ARE dans les structures de micro-entreprise et entreprise individuelle/EIRL.

Et vous voilà prêt pour démarrer votre activité !

Sources :

📚 ACRE : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F11677

📚 ARE : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14860

📚 ARCE : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F15252



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